Construit sur le latin soror (sœur), le mot sororité forme un pendant féminin à la fraternité et désigne un principe de solidarité et d'entraide entre femmes, par-delà leurs différences individuelles. Popularisée par le mouvement féministe à partir des années 1960-1970, la notion s'appuie sur l'idée d'une expérience commune de la domination, jugée capable de fonder un soutien mutuel entre femmes qui, autrement, n'auraient pas forcément grand-chose en commun.

Dans la pratique militante, la sororité se traduit par des espaces non mixtes, des réseaux d'entraide professionnelle ou informelle, un vocabulaire de soutien systématique entre femmes, ou encore une attention particulière portée à ne pas reproduire, entre femmes, des logiques de jugement ou de concurrence jugées héritées d'un système patriarcal plus large.

Le concept est aussi discuté, y compris au sein du féminisme lui-même. Les courants intersectionnels rappellent que les femmes ne partagent pas une condition sociale uniforme, et que la classe, l'origine ou l'orientation sexuelle créent parfois des intérêts divergents entre elles. D'autres critiques, extérieures au féminisme, y voient surtout un slogan fédérateur plus qu'une réalité vérifiable dans les faits, ou s'interrogent sur ce que cette solidarité revendiquée implique vis-à-vis des hommes.