L'expression « cancel culture », littéralement « culture de l'annulation », émerge sur les réseaux sociaux anglophones au milieu des années 2010, dérivée du verbe « to cancel » utilisé pour signifier qu'on cesse de soutenir une personnalité jugée fautive. Elle désigne une pratique collective consistant à appeler au boycott, à l'exclusion ou au retrait public d'une personne après une déclaration ou un comportement controversé.

Le phénomène touche des personnalités publiques, mais aussi des anonymes, et peut se traduire par la perte d'un contrat, d'un poste ou d'une plateforme d'expression. Il s'inscrit souvent dans le prolongement de mouvements de dénonciation plus larges, où les réseaux sociaux jouent le rôle de tribunal informel, avec une rapidité que les procédures classiques n'offrent pas.

Ses défenseurs y voient un moyen légitime, pour des publics longtemps sans voix, de sanctionner des comportements jugés inacceptables sans attendre une réponse institutionnelle. Ses critiques dénoncent au contraire un climat de peur, une confusion entre gravité des faits et intensité de la réaction collective, et un effet dissuasif durable sur la liberté d'expression.