L'expression reprend une image historique, celle des procès en sorcellerie où l'accusation suffisait à condamner, pour décrire un phénomène propre aux réseaux sociaux : la mise en accusation publique et virale d'une personne, souvent avant tout examen contradictoire des faits qui lui sont reprochés. Elle s'est diffusée avec la montée en puissance des réseaux sociaux comme lieux de dénonciation collective.
Le terme désigne des situations où une personne, parfois anonyme au départ, devient la cible d'une vague de commentaires hostiles, de recherches d'informations personnelles et de tentatives d'exclusion sociale ou professionnelle, à une vitesse et une échelle que les mécanismes judiciaires traditionnels ne permettent pas. Il est employé aussi bien pour des affaires de harcèlement avéré que pour des polémiques plus ambiguës.
La notion divise : certains y voient un contre-pouvoir citoyen face à des institutions jugées trop lentes ou complaisantes, d'autres un risque réel d'emballement, où l'intensité de l'indignation en ligne se substitue à l'examen des preuves, avec des conséquences parfois disproportionnées pour les personnes visées, coupables ou non des faits.