L'expression "culture du viol" (rape culture) émerge dans les mouvements féministes américains des années 1970, popularisée notamment par un documentaire de 1975, avant de connaître un regain d'usage massif dans les années 2010 avec les mobilisations contre les violences sexuelles sur les campus universitaires, puis à plus grande échelle encore lors du mouvement #MeToo à partir de 2017.
Le concept désigne, non pas l'idée que la société encouragerait littéralement le viol, mais un ensemble de normes, de blagues, de représentations culturelles et de réflexes institutionnels qui banaliseraient les violences sexuelles ou en feraient porter la responsabilité aux victimes plutôt qu'aux agresseurs, par exemple à travers des questions sur la tenue vestimentaire d'une plaignante plutôt que sur les actes de l'accusé.
L'expression reste l'une des plus contestées du vocabulaire féministe : ses défenseurs y voient un outil utile pour nommer des mécanismes diffus et systémiques, tandis que ses critiques, y compris certaines féministes, lui reprochent d'être un terme choc disproportionné par rapport aux faits, susceptible de brouiller le débat plus qu'il ne l'éclaire.