L'expression « Me Too » est employée dès 2006 par la militante américaine Tarana Burke pour donner un langage commun aux survivantes d'agressions sexuelles, dans les quartiers populaires où elle intervenait. Elle prend une ampleur mondiale en octobre 2017, lorsque l'actrice Alyssa Milano invite les femmes à répondre #MeToo sur les réseaux sociaux après les révélations sur le producteur Harvey Weinstein, faisant apparaître au grand jour l'ampleur du phénomène.

Le mouvement désigne depuis une dynamique de libération de la parole autour du harcèlement et des violences sexuelles, portée par les réseaux sociaux plutôt que par les institutions judiciaires classiques. Il s'est décliné dans de nombreux pays, avec des variantes locales comme #BalanceTonPorc en France, et a touché aussi bien le cinéma que la politique, le sport ou l'entreprise.

Le débat qu'il suscite oppose ceux qui y voient un rééquilibrage nécessaire face à des décennies de silence institutionnel, et ceux qui s'inquiètent d'une justice médiatique s'exerçant hors du cadre judiciaire, avec un risque pour la présomption d'innocence. Ces deux lectures coexistent aujourd'hui dans l'analyse du phénomène.