Le terme désigne, dans le vocabulaire militant, une personne qui ne subit pas directement une discrimination donnée, ici un homme au regard des inégalités de genre, mais qui soutient activement les luttes menées par celles et ceux qui la subissent. Appliqué au féminisme, il suppose généralement d'écouter les femmes plutôt que de parler à leur place, de reconnaître ses propres avantages structurels, et de relayer une cause sans en devenir le porte-parole principal.

La notion s'est diffusée à partir des années 2010 dans les milieux associatifs et universitaires anglophones, avant de gagner d'autres contextes militants. Elle s'accompagne souvent d'attentes précises : ne pas occuper l'espace de parole des concernées, accepter la critique de son propre comportement, agir dans son entourage plutôt que se contenter d'un discours public.

La posture d'allié fait débat, y compris chez des femmes féministes elles-mêmes : certaines saluent un engagement masculin nécessaire, d'autres y voient un risque de récupération, voire une nouvelle forme de visibilité masculine dans un espace censé centrer la parole des femmes. Des hommes, de leur côté, décrivent parfois un sentiment d'illégitimité permanente difficile à tenir dans la durée.