Le mot anglais « backlash », littéralement retour de bâton, a été popularisé par la journaliste américaine Susan Faludi dans un ouvrage de 1991 consacré aux résistances culturelles apparues aux Etats-Unis après les avancées du féminisme des années 1970. La thèse centrale veut que chaque progrès obtenu par les femmes déclenche, en réaction, une contre-offensive médiatique et politique visant à en minimiser la portée ou à en inverser les effets.

Appliqué aujourd'hui à la manosphère et aux mouvements masculinistes, le concept sert à analyser certains discours publics, essais, films ou prises de position politiques, comme des réponses défensives à l'émancipation économique et sociale des femmes plutôt que comme des critiques autonomes.

La notion est contestée par ceux qui estiment qu'elle disqualifie par avance toute critique du féminisme, en la réduisant systématiquement à une réaction hostile plutôt qu'à un argument à examiner sur le fond. D'autres soulignent au contraire qu'elle permet de mettre au jour des mécanismes réels de résistance au changement, documentés dans plusieurs périodes historiques, du droit de vote des femmes jusqu'aux débats plus récents sur l'égalité salariale.