Contraction de « involuntary celibate », le terme est né à la fin des années 1990 sur un forum créé par une femme canadienne pour échanger sur la solitude affective, indépendamment du genre. Il a ensuite été récupéré, essentiellement dans les années 2010, par des communautés en ligne majoritairement masculines, où il en est venu à désigner des hommes qui s'estiment incapables d'accéder à une vie sexuelle ou amoureuse malgré leur désir d'en avoir une.

Une partie de ces communautés développe un discours de victimisation collective envers les femmes et les hommes jugés plus séduisants, articulé autour de notions comme la hiérarchie physique ou le déterminisme génétique de l'attractivité. Une frange minoritaire, mais très médiatisée, a basculé vers un discours de haine explicite, associé à plusieurs attaques meurtrières commises en Amérique du Nord dans les années 2010.

Le terme prête à controverse jusque dans son usage : certains chercheurs insistent sur la souffrance psychologique réelle, isolement et dépression, vécue par la majorité silencieuse de ces hommes, tandis que d'autres refusent d'employer le mot par crainte qu'il ne banalise ou n'excuse les dérives violentes d'une minorité.